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Quelles perspectives pour les marchés financiers en 2016 ?


 

​15/01/2016


Quelles perspectives pour les marchés financiers en 2016 ?


Quel bilan peut-on tirer de l’année 2015 sur le plan macro-économique ? La croissance mondiale a-t-elle été au rendez-vous ?

Olivier Kerjan – Le bilan n’est pas aussi positif que prévu. La croissance mondiale s’établit au final à 3 % sur l’année écoulée, soit 0,5 % de moins que les anticipations faites en début d’année dernière. Une déception qui est la conséquence de deux phénomènes majeurs.

Tout d’abord, la révision à la baisse, au cours du 1er trimestre, des perspectives de croissance américaine, cette dernière passant de 3 % escomptés à 2,5 % en raison notamment de l’appréciation du dollar. Une mauvaise nouvelle pour les exportations américaines.

Puis, au cours de l’été, la découverte que le ralentissement de l’économie chinoise serait plus important que prévu a eu, là encore, un impact très négatif sur la croissance mondiale. Ce ralentissement, qui s’explique par les difficultés rencontrées par l’économie chinoise pour passer d’un modèle industriel à un modèle plus axé sur les services, a en effet conduit les autorités chinoises à dévaluer leur monnaie, ce qui a provoqué un mini-séisme sur les marchés financiers mondiaux.


Précisément, les marchés financiers ont-ils profité de cette reprise économique certes modérée mais néanmoins bien réelle ?

L’indice Euro Stoxx 50, en zone euro, termine l’année sur une progression de l’ordre de 4 % avec des performances assez contrastées d’un pays à l’autre, l’indice de la bourse de Paris (+ 8,5 %) figurant parmi les meilleurs élèves de la classe européenne (voir tableau).

Aux États-Unis, les Bourses affichent des progressions faiblement positives en dollars mais donc plus élevées pour un investisseur en euros, en raison de l’appréciation de la devise américaine face à la monnaie européenne.

En Asie, le Japon et la Chine terminent également l’exercice 2015 sur une note positive de l’ordre de 9 %. Mais ces résultats globalement satisfaisants sont à relativiser. En effet, les marchés boursiers ont enregistré en début d’année des progressions bien plus importantes. Avant la propagation des mauvaises nouvelles économiques que j’évoquais précédemment, l’indice Euro Stoxx 50 avait pu atteindre jusqu’à 22 % de hausse (progression à fin avril 2015), et l’indice chinois une performance de plus de 50 % (chiffre à fin juin).


Qu’en est-il du côté du taux d’intérêt ? Et des rendements obligataires ?

Les taux d’intérêt à court terme en zone euro se sont encore détendus puisqu’ils sont passés en territoire négatif ! Les taux à deux ans affichent actuellement un rendement de - 0,35 % en Allemagne et - 0,30 % en France, et sont proches de zéro en Espagne et en Italie. Les taux à dix ans sont à peine positifs : + 0,55 % pour les taux allemands, + 0,85 % pour les taux français. Cette situation s’explique bien sûr par l’action de la Banque centrale européenne et la mise en place d’une politique de quantitative easing, autrement dit d’assouplissement monétaire. Une action encore renforcée en fin d’année avec un nouvel abaissement du taux des dépôts, qui est récemment passé de - 0,20 % à - 0,30 %, et toujours un programme de rachats d’actifs de 60 milliards d’euros par mois. Actuellement, un placement obligataire d’une maturité de sept à dix ans affiche donc une performance annuelle de 1,85 %.

 

Que dire du potentiel de l’économie mondiale en 2016 ?

Le rythme de la croissance mondiale attendu pour 2016 est de 3,30 %. Les perspectives sont donc plus prudentes qu’au début de l’année 2015 (3,50 %, pour mémoire). Elles dépendront en grande partie de l’évolution des prix du pétrole, qui constitue l’un des enjeux importants de ce début d’année. La baisse observée en 2014 et 2015 correspond en effet à un transfert massif de richesses entre les pays producteurs et les pays consommateurs, ce qui est générateur de risques.

 
Aux États-Unis tout d’abord, grâce à l’essor des pétroles de schiste, le pays est devenu le premier producteur de pétrole au monde avec près de 12 millions de barils produits par jour (devant l’Arabie Saoudite et la Russie). Mais avec un coût d’extraction moyen autour de 60 dollars par baril, les producteurs américains sont en situation économique délicate lorsque le prix du pétrole est en baisse. Ce qui peut avoir des conséquences financières menaçantes pour les banques prêteuses. Au Moyen-Orient, la baisse des cours a déstabilisé les pays producteurs, au premier rang desquels l’Arabie Saoudite qui a vu son déficit budgétaire dépasser les 11 % du PIB.

La zone euro bénéficie toujours de facteurs très favorables : des taux de financement très bas, un coût énergétique également très bas et une monnaie compétitive. Aux États-Unis, le rythme du resserrement monétaire reste une question clé pour 2016. En Chine, le ralentissement économique devrait perdurer. Et il faudra rester attentifs à l’évolution de la devise chinoise, qui risque d’exporter la désinflation locale au niveau mondial, menaçant ainsi de rendre inefficaces les politiques monétaires menées en Europe ou aux États-Unis.


Quelle classe d’actifs présente le plus de potentiel en 2016, avec quel niveau de risque associé ?

L’année 2016 sera « volatile » pour beaucoup de classes d’actifs. Notre préférence va actuellement aux obligations souveraines européennes, qui bénéficient des politiques monétaires accommodantes et d’un contexte déflationniste mondial.


Quelle serait aujourd’hui une allocation cible entre les différentes classes d’actifs pour un portefeuille équilibré, autrement dit avec une approche à moyen terme présentant un risque de perte en capital, mais ni trop risquée ni trop prudente ?

Nous optons actuellement pour une certaine prudence. Ainsi, nous sommes neutres sur les actions européennes, et négatifs sur les actions des autres zones (États-Unis, Asie et pays émergents). Côté obligataire, nous sommes positifs sur la dette souveraine en zone euro, neutres sur le crédit, et négatif sur la dette émergente. Concernant les matières premières, nous sommes négatifs sur le pétrole et neutres sur l’or. Au final, notre allocation sur un portefeuille modèle équilibré, constitué de 40 % d’actions, 40 % d’obligations et 20 % de monétaire, serait légèrement négative en actions (38 %, soit - 2 % en relatif), surpondérée en obligations (46 %, soit + 6 % en relatif), et la part du monétaire serait de 16 %.

Propos recueillis le 7 janvier 2016

Source : Natixis Asset Management - Les chiffres se réfèrent à des simulations de performances passées. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. 

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