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Transmission et reprise d'entreprise

Les opérations de cession-transmission font partie intégrante de la vie des entreprises. Pour réussir, elles doivent être accompagnées par des experts capables de conseiller et de financer les projets.

Cession-transmission : interview


Cession-transmission : des entreprises qui bougent

*« Je me suis réveillé un matin avec une question en tête, comme une évidence : pourquoi je ne rachèterais pas mon entreprise ? J’avais passé le cap de la quarantaine, des freins psychologiques étaient levés, j’étais prêt. » *

C’est ainsi qu’en 2009, Thierry Bisiaux, ingénieur Arts et Métiers, a racheté l’entreprise dont il était directeur général depuis sept ans ; Cryla, spécialisée dans la microtechnique à Besançon, était alors filiale du groupe américain Danaher. Par cette opération, Thierry Bisiaux a pérennisé son activité et maintenu le centre de décision dans la région franc-comtoise. Reprendre l’entreprise dans laquelle on travaille, céder une filiale pour se concentrer sur son coeur de métier, racheter un concurrent pour élargir son champ de compétences, vendre la société que l’on a créée et réinvestir dans une nouvelle aventure entrepreneuriale… la vie des PME et ETI est faite de ces opérations de transmission, fusion, acquisition, qui consolident le tissu économique français et renforcent sa compétitivité.

On estime ainsi que plus d’un quart des chefs d’entreprise s’interrogent aujourd’hui sur l’opportunité de vendre leur société dans un délai de deux ans avec, en toile de fond, plus d’un million et demi d’emplois et la question cruciale du maintien des sièges dans les territoires.

Accompagner la recherche de solutions

Lorsque la cession obéit à une logique de cessation d’activité professionnelle, l’obligation de réussite est d’autant plus forte qu’en l’absence d’héritier naturel et faute de repreneur, l’existence même de l’entreprise est menacée ; et, avec elle, la vitalité d’un bassin économique. L’enjeu est donc de faciliter ce mouvement en aidant les acquéreurs potentiels à trouver des cibles et les cédants des repreneurs à la hauteur de leurs espérances. Le défi passe également parfois, comme dans le cas de Cryla, par la recherche de solutions en interne dans une logique de pérennité des savoir-faire et de sauvegarde du tissu économique local. Les Banques Populaires, qui accompagnent près de quatre entreprises sur dix, sont en première ligne pour mener ce combat dans une logique de proximité avec les entreprises. Une cinquantaine d’experts en ingénierie financière répartis dans toute la France interviennent à chaque étape du processus de cession-transmission : évaluation des entreprises, diagnostic, accompagnement et conseil au cédant et/ou au repreneur, recherche de cibles, optimisation du financement et de la fiscalité, gestion privée…


*« Nous accompagnons des entreprises dans la recherche d’un repreneur potentiel en cas de cession ou dans la recherche d’une cible dans le cadre d’une croissance externe, *explique Mathieu Pasquet, l’un des cinq experts en ingénierie financière et transmission de la Banque Populaire Bourgogne Franche-Comté. *Dans un premier temps, nous apportons du conseil sur la préparation de l’entreprise et de son dirigeant : échange sur une valorisation cohérente, identification des atouts ou des handicaps à la cession, mise en contact avec d’autres services de la banque, comme par exemple celui de la gestion privée. »

Un rôle de chef d’orchestre

 
Les experts de la Banque Populaire peuvent ensuite proposer au chef d’entreprise une mission d’accompagnement dont la première étape consistera à diffuser l’information sur la mise en vente ou la recherche de cibles dans l’ensemble du réseau bancaire et auprès de ses partenaires. « Nous analysons les candidatures en retour et vérifions notamment leur capacité à reprendre et leur cohérence avec le projet du client dans le but d’une mise en relation », détaille Mathieu Pasquet. Une fois cette première étape effectuée, « s’ouvre alors une phase de recherche active consistant également à identifier des entreprises sur la base d’un ensemble de critères définis avec le client puis à gérer la mise en relation des parties en toute confidentialité. » Un rôle d’intermédiaire, de chef d’orchestre spécifique au réseau qui facilite les relations cédant-repreneur parfois tendues et qui prend fin quand les véritables négociations de vente démarrent. « Ce positionnement nous permet d’étudier une éventuelle participation en fonds propres du groupe », confie l’expert franc-comtois. Car cette mission ambitieuse d’accompagnement et de développement des entreprises locales via des opérations de fusion-acquisition peut impliquer également une intervention financière en capital parallèlement au crédit bancaire classique. Pour cela, la Banque Populaire Bourgogne Franche-Comté dispose d’une filiale dédiée, la société de capital investissement BFC Croissance, et de neuf centres d’affaires entreprises. « Nous accompagnons des PME qui réalisent entre 1,5 et 30 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, détaille Michel Riotte, l’un des sept chargés d’affaires du centre d’affaires entreprises du Doubs. Nous les conseillons dans leurs projets de croissance interne et externe, dans leurs opérations de création de filiales, de fusion-acquisition, de rapprochement, mais aussi de développement à l’international et de financement en haut de bilan. »

Une entreprise en pleine croissance

 
Michel Riotte est ainsi intervenu sur le dossier de reprise de Cryla par Thierry Bisiaux en 2009 ; la PME spécialisée dans la microtechnique était alors filiale du groupe toulousain Artus, lui-même filiale du groupe américain Danaher. C’est lors d’un comité de l’agence économique du Doubs, Développement 25, que Michel Riotte rencontre Thierry Bisiaux venu solliciter un prêt d’honneur dans le cadre de son projet de rachat. *« Lorsqu’il a présenté son dossier, j’ai tout de suite été emballé par l’homme, par son parcours, par son projet, se souvient le chargé d’affaires. Cryla était une belle entreprise et Thierry Bisiaux, qui connaissait parfaitement son dossier, faisait la preuve de sa capacité à entraîner les hommes. Nous devions l’aider à financer son achat. » *


Pour Thierry Bisiaux, l’enjeu est crucial car les Américains exigent des candidats à la reprise qu’ils aient monté leur financement. « Durant toute cette période, nous avons régulièrement rencontré Thierry Bisiaux et ses conseils, confie Michel Riotte. Nous avons joué un rôle de facilitateur pour boucler le montage financier. » La Banque Populaire Bourgogne Franche-Comté constitue alors un pool avec deux autres banques régionales. « Une structure habituelle pour ce genre d’opérations avec des établissements que nous connaissons bien et avec lesquels nous avons l’habitude de travailler, explique Michel Riotte. Ensemble, nous avons rédigé une lettre d’intention spécifiant notre capacité de financement, chacun à hauteur d’un tiers de la somme empruntée. En parallèle, Thierry Bisiaux avait besoin d’un effet de levier sur fonds propres pour constituer, avec sa famille et un associé, une holding capable de supporter la dette senior contractée pour le rachat de l’entreprise. Nous avons donc sollicité BFC Croissance pour son expertise et une participation en haut de bilan. » La boucle était bouclée. La vente sera signée le 30 novembre 2009. Depuis, l’entreprise Cryla a repris sa croissance (6,7 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2013, 80 salariés) et a investi, toujours avec l’aide de la Banque Populaire, dans un nouveau site de production : un bâtiment HQE de 3 200 m2 en périphérie de Besançon dans lequel elle a emménagé en août 2013. « Un investissement de 3,5 millions d’euros réalisé en crédit-bail et pour lequel nous sommes chef de file », se félicite Michel Riotte.

La PME envisage désormais de grandir en rachetant d’autres entreprises via sa holding de tête Excamed. « Nous avons repris une petite société de prototypage rapide à la barre du tribunal de commerce de Besançon mais nous avons d’autres projets de croissance externe plus importants », confie Thierry Bisiaux. De quoi satisfaire le chef d’entreprise qui préside depuis deux ans le salon Micronora (industrie microtechnique) de Besançon et nourrit l’ambition de faire de Cryla le point d’ancrage d’un groupe de dimension nationale. « La transmission d’une entreprise, quelle qu’en soit la forme, est un enjeu majeur pour la conservation de l’emploi et la dynamique de nos territoires. En tant qu’acteurs économiques régionaux impliqués, les Banques Populaires se doivent de répondre présentes lors de cette étape importante de la vie d’une entreprise, insiste Olivier Robert, directeur adjoint du marché des professionnels, entreprises et institutionnels à BPCE - Banque Populaire. Avec quatre entreprises clientes sur dix, notre mission collective est de faciliter ces transitions pour que les entreprises se développent au-delà des générations. »
 
 
 
 
 

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